Les entreprises peu endettées sortiront gagnantes

Les entreprises peu endettées sortiront gagnantes

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Parce que, comme le disait justement Monsieur de La Palice, elles n’ont pas beaucoup de dettes.

Les entreprises peu endettées auront évidemment moins de difficultés à traverser sereinement la période de confinement quasi mondial. Certaines disposent même de trésoreries abondantes et gagneront encore en crédibilité en sortant de cette épreuve sans s’endetter davantage.

D’une manière plus large, depuis des années, pour ne pas dire des décennies, les politiques monétaires des banques centrales se sont globalement révélées « ultra-accommodantes ». Elles n’ont pas hésité à augmenter de manière significative la taille de leur bilan et à pratiquer une politique de taux bas très agressive pour soutenir l’économie.

La puissance de la Banque Centrale Européenne (BCE) s’est révélée le 26 juillet 2012 lorsque Mario Draghi, son Président de l’époque, employait pour la première fois le fameux « whatever it takes ». En clamant que l’institution de Francfort ferait tout ce qui est nécessaire pour garantir la dette galopante des pays du Sud de l’Europe beaucoup pensent qu’il a sauvé l’Euro. D’autres, moins positifs, pensent qu’il a institutionnalisé une dépendance aux largesses de la politique monétaire de la BCE.

Cette injection de liquidités au plus haut niveau s’est diffusée progressivement aux entreprises et l’endettement massif est souvent devenu ordinaire. 

Depuis plusieurs années déjà, certains économistes, constatant la relative bonne santé de l’économie mondiale, prêchaient pour plus d’orthodoxie monétaire. La banque centrale américaine a d’ailleurs relevé ses taux directeurs à quatre reprises en 2018.

La crise sanitaire et indirectement économique que nous traversons a conduit les banques centrales et les états à prendre des mesures d’une ampleur inédite pour soutenir l’économie […]. Les liquidités affluent de toutes parts pour essayer de sauver ce qui peut l’être.

Ne peut-on voir derrière cet afflux massif de liquidités le spectre de l’inflation qui sera probablement contenue, ou tentée de l’être, notamment par des hausses de taux directeurs des banques centrales ?

Cette normalisation forcée des politiques monétaires renchérirait indirectement le coût de la dette et mettrait en difficulté les entreprises trop endettées mais aussi les états.

Les entreprises endettées ne sont bien entendu pas toutes « à mettre dans le même panier ».

Les entreprises de plusieurs secteurs d’activité, comme celui des services aux collectivités par exemple, doivent structurellement investir de manière massive pour bénéficier de marchés rentables et pérennes.

Tant que la rentabilité est au rendez-vous, la dette ne doit pas nous inquiéter outre mesure.

A contrario méfions-nous par exemple des sociétés qui viennent de faire l’objet de LBO (Leverage Buy Out) initiés par des fonds d’investissements. Ces entreprises vont devoir impérativement maintenir leurs dividendes afin de rembourser la dette contractée par la holding d’acquisition. Peut-être n’auront-elles pas les moyens d’investir afin de s’en sortir sereinement en période de crise économique […].

Soyons également vigilants sur les entreprises ayant réalisé dernièrement de grosses opérations de croissance externe principalement par accroissement de leur dette […].

Il en va également de même pour les sociétés foncières dont le recours à l’emprunt est fréquent. Le recouvrement des loyers pourrait être difficile par les temps qui courent et particulièrement pour les locaux commerciaux.

Les entreprises peu endettées vont mieux traverser la crise sanitaire et économique et ne pas pâtir d’un probable renchérissement du coût de la dette à terme.

Elles pourront également agir de manière opportuniste et capter de nouveaux marchés, voire assoir des positions par de la croissance externe, en investissant sur fonds propres ou en ayant simplement recours à un endettement nouveau.

Jean Monnet disait « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». Gageons que certaines entreprises sauront bénéficier de ce changement en sortie de crise. Elles y arriveront d’autant plus facilement qu’elles bénéficieront d’une certaine agilité liée à un faible endettement.

Et partant du principe qu’on ne prête qu’aux riches, les entreprises les moins endettées avant la crise auront une plus grande capacité à lever des financements afin de se développer et profiter des opportunités qui ne manqueront pas de se présenter à elles en ces temps de crise.

Auteurs : Florian LELONG (SEFIMA) et Romain MURAILLE (VALETYS)

 

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