Le plan de route de Joe BIDEN 1/2

Le plan de route de Joe BIDEN (1ère partie)

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Une grande partie d’entre nous a suivi le déroulement de l’élection américaine tant son dénouement a été tumultueux et indécis pendant plusieurs jours. En effet, ce n’est que le 7 novembre après 4 jours de dépouillement, État par État, que le candidat démocrate a dépassé la barre fatidique des 270 grands électeurs nécessaires à l’élection présidentielle. Bien que, à l’heure où nous écrivons cet article, certains États n’aient pas encore communiqué le résultat du suffrage (Caroline du Nord et Géorgie), l’entrée de Joe BIDEN à la Maison Blanche semble acquise à moins que des preuves de fraudes ne soient mises en lumière par les équipes de Donald TRUMP.

Nous vous proposons donc, dans cet article, de faire le point sur différents aspects de la politique de Joe BIDEN afin de comprendre les changements importants qu’elle peut engendrer sur le plan économique et géopolitique et ainsi ajuster nos futures allocations en fonction des secteurs et zones géographiques qui seront impactés par l’élection du 46ème président des USA.

Tout d’abord, l’un des domaines qui marque clairement la différence de politique entre Donald TRUMP et Joe BIDEN est la fiscalité. Si nous regardons de près le programme de Joe BIDEN concernant cet aspect nous pouvons relever des changements importants à venir pour les particuliers et les entreprises ayant leur siège social aux USA. En effet, le Président démocrate envisage d’augmenter les impôts des Américains les plus fortunés ainsi que ceux des entreprises alors que Donald TRUMP avait, lui, misé sur un allègement généralisé des impôts pour favoriser le pouvoir d’achat et la consommation américaine.

Pour les particuliers les plus aisés, une révision du taux maximal d’imposition serait quasi certaine avec un passage à 39,6% (pour remplacer le taux de 37% actuellement en vigueur). Les Américains ne gagnant pas plus de 400 000 dollars par an ne devraient, quant à eux, pas voir leur fiscalité alourdie.

Pour les entreprises, Joe BIDEN souhaite intervenir sur deux points :

  • L’augmentation du taux d’imposition, qui passerait de 21% à 28% après 2021
  • La mise en place de pénalités pour les entreprises qui délocalisent en écho à des avantages fiscaux pour celles qui demeurent sur le territoire. Cette décision permettrait de dynamiser le tissu économique au sein des frontières américaines.

L’augmentation ciblée des recettes fiscales devrait permettre le financement d’un vaste plan d’infrastructures tourné vers la transition énergétique et une économie plus responsable envers l’environnement. De ce point de vue, Joe BIDEN souhaite clairement se différencier de Donald TRUMP et suivre la politique mise en avant par les pays européens illustrée par le « Green Deal » de Madame Lagarde. Joe BIDEN souhaite réintégrer les USA dans l’Accord de Paris sur le climat (alors que Donald TRUMP en était sorti en 2020) afin de rejoindre les pays engagés dans la décarbonisation de leurs industries à horizon 2050. Un budget de 1 700 milliards de dollars serait ainsi constitué afin d’engager les USA dans la course aux énergies propres. L’objectif du président élu serait de créer des millions d’emplois dans la transition énergétique et les énergies vertes.

Afin de favoriser le tissu économique local, Joe BIDEN souhaite que les entreprises qui produisent aux États-Unis favorisent les produits et matériaux américains dans les chaines de fabrication. Cette approche nous rappelle le plan « Made in France » qui tend à favoriser les biens et matériaux produits sur le territoire pour faire bénéficier tous les acteurs économiques d’une réelle politique économique locale. Le gouvernement s’engagerait également à se fournir majoritairement auprès des entreprises qui adhèrent à cette politique. Le label « Made in America » deviendra plus contraignant et ne sera délivré que si une grande majorité des matériaux utilisés proviennent des USA.

Joe BIDEN prévoit également de financer et de soutenir les entreprises de l’innovation afin de créer de l’emploi dans ce secteur (intelligence artificielle, 5G, robotique). Des plans de financement ainsi qu’un budget de 300 à 400 milliards de dollars sont en cours d’élaboration pour favoriser les entreprises innovantes respectant des critères environnementaux et sociaux.

Le troisième pan de la politique économique serait basé sur un vaste plan d’investissements (1 300 milliards de dollars étalés sur une période de 10 ans) afin de moderniser les infrastructures (entretien des routes, autoroutes et ponts, modernisation des voies ferrées et des trains, développement et modernisation des réseaux de trams et des aéroports). Joe BIDEN souhaite également développer les réseaux Internet dans des zones qui ne sont pas, actuellement, connectées au haut débit.

La politique de Joe BIDEN diffère également de celle de son prédécesseur en ce qui concerne l’éducation et la santé. Il souhaite que les ménages américains puissent avoir le choix dans leur programme de soins public afin de faire baisser le coût de la santé dans le budget des ménages tout en donnant accès aux soins à une plus grande partie de la population. Des mécanismes d’aides pourraient d’ailleurs voir le jour afin d’aider les familles les plus nécessiteuses.

En ce qui concerne l’éducation, Joe BIDEN souhaite qu’un plus grand nombre d’Américains bénéficient du système éducatif. Pour se faire, il pense multiplier les octrois de bourses et rendre gratuite les études pour les plus modestes. Une réflexion est aussi envisagée en ce qui concerne l’allègement du poids de la dette pour les étudiants ayant eu recours à des prêts pour financer leur scolarité. Le coût des études pouvant, parfois, atteindre des centaines de milliers de dollars, le remboursement des prêts étudiant est un poids qui pénalise durant de longues années les étudiants et jeunes diplômés.

Voici les premiers points que nous pouvons évoquer au sujet des changements à venir quant à l’élection de Joe BIDEN à la présidence américaine. Nous aborderons dans une seconde partie les changements anticipés au niveau des relations internationales et de l’immigration et nous ferons un point sur les impacts sur les marchés financiers qu’aura cette nouvelle orientation politique aux USA.

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