Quelle est la fiscalité à la sortie (cas classique) ?

La fiscalité applicable à la sortie du PER est l’un des points les plus techniques du dispositif, car elle dépend de deux paramètres croisés : l’origine des versements (déduits ou non déduits à l’entrée) et le mode de sortie retenu (capital ou rente). Il convient donc de distinguer clairement ces situations.

Sortie en capital : le cas des versements volontaires déduits

Lorsque vous avez opté, à l’entrée, pour la déduction fiscale de vos versements volontaires, la sortie en capital est taxée en distinguant deux composantes :
  • la part correspondant aux primes versées (le capital que vous avez effectivement investi) est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans bénéficier de l’abattement de 10 % habituellement applicable aux pensions de retraite. C’est la contrepartie logique de la déduction obtenue à l’entrée : l’administration « récupère » l’avantage consenti ;
  • la part correspondant aux plus-values (les intérêts et gains générés par votre épargne) relève du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, ou, sur option globale, du barème progressif de l’IR. À cela s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (contre 17,2 % auparavant), que le PER soit sous forme d’assurance ou de compte-titres.

 

Sortie en capital : le cas des versements non déduits

Si vous aviez renoncé, au moment du versement, à la déduction fiscale — une option toujours ouverte, notamment intéressante pour les contribuables faiblement imposés — la fiscalité à la sortie est allégée d’autant :
  • la part correspondant aux primes versées est totalement exonérée d’impôt sur le revenu, puisqu’elle n’a procuré aucun avantage fiscal à l’entrée ;
  • seule la part des plus-values reste taxée, dans les mêmes conditions que précédemment : PFU à 12,8 % (ou barème sur option) et prélèvements sociaux à 18,6 %.

 

Un mécanisme d’atténuation : le système du quotient

Pour limiter l’effet de la progressivité de l’impôt sur une sortie en capital importante, le système du quotient peut s’appliquer, sans condition de montant, dès lors que la sortie n’est pas fractionnée. Ce mécanisme s’applique aussi bien à la part des versements qu’à celle des intérêts (sous réserve, pour cette dernière, d’avoir opté pour le barème progressif). Alternative à ce système : la sortie fractionnée, qui permet également de réduire l’impact de la progressivité tout en étalant le paiement de l’impôt dans le temps — un avantage que le système du quotient ne procure pas. Ces deux options sont toutefois exclusives l’une de l’autre : le quotient ne peut plus s’appliquer si vous avez déjà perçu, au cours des trois dernières années, un versement de même nature.

 

Sortie en rente viagère

La fiscalité change de nature lorsque vous optez pour une rente plutôt qu’un capital :
  • si la rente est issue de versements déduits, elle est imposée selon le régime classique des pensions de retraite, c’est-à-dire au barème de l’IR après un abattement de 10 % ;
  • si elle est issue de versements non déduits, elle bénéficie du régime plus favorable des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposable, cette fraction étant déterminée forfaitairement selon votre âge au moment de la liquidation (plus vous liquidez tard, plus la part exonérée est importante).
Dans les deux cas, la rente reste également soumise aux prélèvements sociaux au titre des revenus de placement.

 

Un point d’attention : le prélèvement à la source

Sur le plan pratique, l’impôt et les prélèvements sociaux dus lors de la sortie font l’objet d’un prélèvement à la source directement opéré par le gestionnaire du PER. Ce dernier n’ayant généralement pas connaissance de votre taux personnalisé au moment du déblocage, c’est le taux non personnalisé qui s’applique le plus souvent. Concrètement, le montant que vous percevez effectivement est donc inférieur au solde affiché sur votre contrat au jour de la demande, puisqu’il est amputé de ce prélèvement.

 

Ce qu’il ne faut pas confondre avec les anciens produits

Contrairement au PERP et au contrat Madelin, le PER ne permet jamais de bénéficier du prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % en cas de sortie en capital — même lorsque le PER a été alimenté par le transfert d’un ancien contrat. Le capital, dès qu’il est taxable, est obligatoirement soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

 

Une incidence à ne pas négliger : le revenu fiscal de référence

Enfin, gardez à l’esprit que la fiscalisation du capital ou de la rente à la sortie vient augmenter votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année concernée. Cela peut avoir des répercussions sur d’autres dispositifs conditionnés à ce revenu (plafonds d’aides, exonérations, calcul de certaines cotisations), un point à anticiper notamment en cas de sortie en capital importante et non fractionnée.
 
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